Chaises en papier mâché

Il s’agit d’une série de sculptures en papier mâché représentant des chaises, des tabourets ou encore des bancs repeints en trompe-l’oeil.

J’ai choisi ces objets parce que je les rencontrais à l’école et à l’université, lieux qui ont pour trait commun d’avoir eu pour fonction de m’éduquer et de me former. En travaillant comme enseignant d’arts visuels, je me suis rendu compte qu’elles servaient, entre autre, à réguler la manière dont les élèves habitaient l’espace. Dans le cadre d’une classe, la manière de les disposer en dit beaucoup sur les rapport de pouvoir: si elles forment des rangs et qu’on les sépare les unes des autres, il sera plus difficile aux élèves de discuter, tandis que disposées en cercle elles favoriseront la communication. Les manières qu’avaient les élèves de se les réapproprier en les gravant, en dessinant et collant des stickers dessus m’a intéressé car elles me semblaient témoigner d’une tension présente dans ce cadre institutionnel: autant de gestes qui en font, à mon avis, les porteurs d’une certaine culture que j’ai voulu peindre.

Je les expose accompagnées d’un rap que j’ai écrit et que je chante parlant d’une mauvaise expérience professionnelle où j’ai été injustement licencié d’un poste d’ enseignant dans une école privée.

Cette série est un travail de sculpture et de peinture. Le procédé technique consiste à réaliser un moulage externe en papier mâché de la chaise (à la manière de l’artisanat du carnaval de Bâle) que je repeins et vernis ensuite.